5 ans de combat constant, de persévérance militante de fer face à « Goliath » , la Société Nationale d’Investissement (SNI) le holding royal tentaculaire et pas du tout scrupuleux qui pille systématiquement en toute illégalité  les richesses des marocains en général et des amazighs d’Imider en particulier. Le combat de principe du Mouvement sur la voie 96 ou amussu xf abri n 96en tamazight, mérite beaucoup de respect, un tel combat est celui du refus total du pillage de l’eau , des terres et des minerai. En cela, il marque un changement profond dans l’histoire de TAMAZGHA et même du monde entier.

Imider, habitants, ressources,

La municipalité d’IMIDER compte 6000 personnes dispersées dans sept villages et avoisine la mine d’argent la plus productive d’Afrique. La région est riche en argent, mais elle compte une des populations les plus pauvres du Maroc

Les habitants, eux, vivent à l’âge de pierre, dans l’indigence et la pauvreté. Ils n’ont ni routes, ni dispensaires, ni écoles, ni réseau Internet. L’hôpital le plus proche est situé à 200 km. Au sommet du mont d’Aleban, à deux kilomètres d’Imider, une localité située à quelque 200 km au nord-est d’Ouarzazat, dans le haut-atlas .

La mine ne leur apporte rien à part la pollution. La surexploitation de la mine a provoqué la pollution de leur environnement immédiat au cyanure et au mercure, deux produits chimiques que la Société métallurgique d’Imider (SMI) utilise pour le traitement du minerai.

La Société métallurgique d’Imider (SMI)

L’exploitation d’une mine d’argent les terres d’Imider a commencé depuis 1969 par la Société métallurgique d’Imider (SMI), une filiale du groupe minier Managem géré par la Société nationale d’Investissement (SNI) appelée aussi « Maroc SA », une propriété du roi du Maroc. Cette entreprise a généré en 2010 un chiffre d’affaires de 74 millions d’euros, ce qui la place parmi les plus importantes mines d’argent en Afrique,

Le Mouvement  sur la voie du 96 / mouvement de contestation

Il y a 5 ans, quelques militants ont gravi la colline et ont coupé l’alimentation en eau de la mine. Depuis ce moment, ils occupent toujours la colline et continuent le combat contre la Compagnie Métallurgique d’Imider, et par voie de conséquence, contre le roi du Maroc, qui en est le principal propriétaire.

L’objectif du campement fut l’opposition à l’expropriation par une société d’exploitation minière d’un précieuse ressource en eau, ainsi qu’à la pollution causée par la mine.

C’est la faiblesse et l’interruption par la suite du débit d’eau dans les puits et dans les robinets des habitants qui ont enclenché le mouvement de colère. La baisse du débit en eau atteint plus de 60 %. « Nous étions prêts à négocier », dit Brahim Udawd, l’un des leaders du mouvement de contestation, en parlant des événements qui ont amené à l’occupation de la colline. « Mais personne n’a prêté attention à nous, et donc nous avons fermé la vanne d’alimentation. Ils prennent l’argent et nous laissent les déchets. »

Les femmes viennent tous les jours faire la cuisine dans les petites maisons en pierre et participent aux réunions stratégiques que les villageois organisent régulièrement.

En réaction à ces injustices, les habitants ont commencé par manifester pacifiquement leur colère devant la mine, mais face au silence méprisant de l’entreprise, ils ont changé radicalement de méthode. Ils ont coupé l’alimentation en eau de la mine. Leurs revendications sont claires : Ils exigent de partager les profits matériels de la SMI. Ils revendiquent aussi que 75 % des recrutements soient réservés aux habitants de la région touchée par la sécheresse et le chômage et exigent la participation au développement économique et sociale de la région, considérée comme l’une des plus pauvres au Maroc.

Campement sur le mont ALBAN

Le mont ALBAN est un minuscule camp de retranchement qui a pris forme sur une colline depuis juin 2011. Il y a des petits bâtiments de pierres, un musée en plein air. On voit sur de nombreuses portes des inscriptions significatives rappelant par exemple le Révérend Martin Luther King ou Mère Térésa. Sur la digue d’une retenue d’eau, quelqu’un a peint le visage d’un militant local qui est en prison en raison d’une accusation que les gens d’ici considèrent comme fabriquée de toutes pièces.

Le combat de la population d’IMIDER est héroïque à plus d’un égard, le sit-in bat le record du monde des rassemblements de protestation, et l’attitude de cette population qui n’a que sa dignité amazighe ,   son courage et sa détermination pour faire face au pillage à la prédation royale, au plus grand scandale de tous les temps doit être encouragé par les amazighs hélas trop absents, et divertis plutôt par des combats sans valeur, secondaire, individualistes.

Les organisations écologistes et de défense des droits humains… internationales ont le devoir de se pencher sur le cas du désastre socio-économique, environnemental et hydrologique à IMIDER, et alerter l’ONU, l’OIT, l’Unesco sur ce dossier. Exit les associations makhzeniennes des droits humains qui apparaissent trop en retrait, lâches même pour soutenir comme il faut l’autodétermination socio économique et environnemental des villageois, ce combat simplement humain qui doit faire la fierté des amazighs « Nous n’oublierons pas ,nous ne pardonnerons pas, et nous ne reculerons pas devant notre combat pacifiste jusqu’a l’arrachement de nos droits » dit une banderole qui flotte sur le mont ALBAN qui résume bien l’esprit battant de cette population.

La marginalisation, l’exclusion, le arrestations arbitraires, fut l’attitude logique de toute autorité en situation d’échec, l’Etat marocain sait qu’il ne respecte aucune charte internationalement ratifiée sur l’environnement, sur le travail, ferme les yeux la prédation capitaliste, et fait obstacle à l’application de la justice.

Le peuple d’IMIDER résiste et mène le combat le plus difficile et le plus illustre de ces 10 dernières années  dans toute TAMAZGHA, dans l’indifférence et la passivité stupéfiante des amazighs : le combat pour la vie ou plutôt pour la survie.

10930887_10205708734423463_7169011634305655723_nPour Andic IDIR militant rifain, à Midar dans le RIF «  Ce combat a ses racines dans l’éveil des amazighs, quant à leurs droits économiques. Le combat s’est déplacé de ce qui est culturel vers ce qui est de l’ordre économique »

Le grand malheur pour la population d’Imider, poursuit Andic IDIR « c’est d’être tombé sur une société royale, c’est cela qui a compliqué ce combat, et le rend plus politique »

il note que « Nous aussi les rifains ils nous ont colonisé , pillé nos patrimoine naturel, certes ce n’est pas de la même façon. Notre combat contre le pouvoir mazkhzenien diffère de celui d’Imider » A.IDIR relève que le cas d’Imider « pousse les amazighs à développer (le) discours pour que les rifains arrivent à arracher leur droits et gèrent leur patrimoine par eux-mêmes »

ajtar2Mohamed AJTAR, militant rifain, établi à Bruxelles, souligne que « Le combat d’Imider est synonyme de la paupérisation de ces villageois » et cela rappelle la résistance des luttes des travailleurs des mines en France et en Belgique durant les années 1930 et 1940 » mais aussi les luttes menées par les rifains à Dher Ukssan, où se tenait une mine de fer.

omar zanifiUn autre militant amazigh du sud-est marocain, tient à apporter son témoignage sur ce combat. Pour Omar ZANIFI, cela aurait été préférable et plus efficace d’« élargir la perspective de combat, ce qui n’est pas le cas avec le mouvement à Imider ». ll souligne qu’« il aurait fallu aussi de ne pas limiter le combat au strict point de vue des mines et des droits locaux »

Il estime que « Le Mouvement Amazigh en général à lâché le Mouvement sur la voie de 96 et cela me surprend beaucoup »  il en veut pour preuve que « NBA et RIFINOX, des militants amazighs morts pour la cause ont subi le même mépris. Cela remets en question les amazighs dans le sud-estqui se veulent très méfiants, distancés vis-à-vis du mouvement populaire sur le mont Alban ». Pour lui cela relève d’un complot contre les Aït Atta d’Imider. » A ses yeux, ce combat « cristallise, en quelque sorte, et à lui seul, la crise et surtout le tribalisme dans les rangs du Mouvement Amazigh »

Il tient à remettre en cause « tous ces faux militants qui se déclarent publiquement contre le Mouvement populaire à Imider, et comme un indicateur explicite de vouloir garder le leadership dans le combat pour l’amazighité »

De son point de vue « Le Mouvement Amazigh des salons de Rabat et d’ailleurs ainsi que les militants de Facebook ont lâché tout et on trahi la cause, c’est pour cela  que le makhzen garde toujours la main à ce propos» Il affirme non sans preuve que « Les amazighs sont morts visiblement. La pétition pour le M’zab n’a recueilli qu’une misère de signatures ! » poursuit-il. Omar.Z « accuse les Amazigh avant le Makhzen que nous connaissons très bien ! »

Il regrette que « Le Mouvement Amazigh en ce moment se concentre sur le Parti Amazigh marocain, les soirées dans les salons huppés, et les dîner à Rabat, Marrakech, Guelmima et à Nador. » Pour lui « Ils sont hors-jeu » et cela  le « dégoute ! » selon sa propre expression.

Selon Omar ZANIFI le discours amazigh à la mode en ce moment se résume au discours suivant « RIFINOX assassiné dans le RIF, ce n’est rien, NBA ce n’est rien, Imider c’est une cause locale, Ahmed ASSID menacé c’est la crise » D’ou sa question : « Pour quoi luttent ces gens s’il n’apportent pas le soutien nécessaire à ces petits combats qui sont des grands combats dans le fond !? »

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